Le cinéma interactif

Le cinéma interactif

 

Etienne PERENY

Le paradoxe initial du « cinéma interactif » : cas et limites

La représentation en mouvement du dispositif cinématographique semble au départ incompatible avec la notion d’interactivité. Pourtant, la promesse d’une participation du public vis-à-vis de l’image s’est faite de plus en plus insistante au fil des innovations technologiques de la deuxième moitié du XXème siècle, notamment avec le vidéodisque, puis le cédérom. Pour traiter les matériaux cinématographiques, les premières idées furent de proposer à l’utilisateur d’influencer le déroulement par des choix scénaristiques. Parallèlement à cette voie de recherche finalement décevante, qui allait en direction de la fiction interactive, des prototypes, puis des essais audiovisuels plus convaincants ont pu explorer la voie d’une image narrative et jouable, notamment sous la houlette de Jean-Louis Boissier. A la fois significatifs mais paradoxalement trop singuliers, nous verrons en quoi ils constituent des cas-limites confirmant l’incompatibilité structurelle entre cinéma et interactivité.

Etienne PERENY est Maître de Conférences Hors-Classe en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Paris 8, au département Hypermédia et membre du Laboratoire Paragraphe (EA 349). Depuis la maquettoscopie et la vidéo légère, l’une des premières technologies accessibles, il étudie de façon théorique et expérimentale les propriétés de l’image virtuelle, électronique, puis interactive. Précurseur du vidéodisque, il a anticipé et suivi les différentes évolutions du multimédia hors ligne (bornes, cédéroms, installations). Puis, il a investi la vidéo enrichie et la vidéo interactive en ligne, pour en venir à développer une théorie originale de l’image interactive et de l’avatar, qu’il aboutit actuellement en rapport avec les jeux vidéo et les mutations des écrans, supports et systèmes d’interaction. Depuis 2007, avec Etienne Armand AMATO, il a imaginé et coordonne les journées d’étude PraTIC (Pratiques des Technologies de l’Information et de la Communication) et porte un programme de recherche quinquennal conjoint intitulé : « De l’image interactive au jeu vidéo ».

 

Etienne-Armand AMATO

Le jeu vidéo est-il paradoxalement devenu un cinéma interactif ?

Depuis quelques années, certains auteurs de jeux vidéo se revendiquent ouvertement d’un cinéma interactif bel et bien réalisé, et il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux propos de David Cage, auteur de « Heavy Rain » (illustration du haut de page). Ces oeuvres à grand spectacle et gros budget engagent leur destinataire dans une narration audiovisuelle à la fois jouable et mise en scène selon des codes filmiques. L’importation croissante du langage cinématographiques n’a pas attendu ces dernières prouesses. Elle peut se repérer au fil de l’histoire du jeu vidéo depuis le début des années 90, avec l’apparition de la 3D « réaliste » et du point de vue spatialisé et mobile, sans compter les séquences cinématiques non-interactives émaillant l’expérience vidéoludique. Cette surenchère d’effets spéciaux et de procédés issus du 7ème Art réalise-t-elle la promesse impossible d’un vrai cinéma interactif ? Témoigne-t-elle d’un divorce entre les deux médias ? Ou est-ce le règne de la simulation informatique qui se substitue à celui de la représentation enregistrée ?

Etienne-Armand AMATO est enseignant-chercheur et responsable de la R&D à Gobelins, l’Ecole de l’Image, établissement de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Il travaille aussi comme membre associé avec le Laboratoire Paragraphe de l’Université Paris 8, composante CITU (Cybermédia, Interactions, Transdisciplinarité, et Ubiquité) et préside l’Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines, collectif multidisciplinaire fondé en 2001. Avec Jean-Louis Weissberg (séminaire « Action sur l’image », 1999-2004), puis Etienne Perény (programme « De l’Image Interactive au Jeu Vidéo », 2007-2012), il analyse les propriétés fondamentales et relationnelles des dispositifs numériques interactifs selon une perspective techno-sociale. Editée sur le site omnsh.org, sa thèse de doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, qui s’intitule « Le jeu vidéo comme dispositif d’instanciation. Du phénomène ludique aux avatars en réseau », s’attache à clarifier le statut médiatique du Jeu vidéo pour asseoir une approche comparative entre hypermédia et cybermédia.

L’industrie du cinéma

L’industrie du cinéma

4e séance du séminaire « CINEMA & MONDES CONTEMPORAINS »

avec Kira KITSOPANIDOU & Christian FEIGELSON

JEUDI 26 JANVIER à 14h30 dans la SALLE JEAN BORDE de la MSHA

10 Esplanade des Antilles, Domaine Universitaire, 33600 Pessac (séance ouverte à tous)

 

 

 

 

 

 

Kira KITSOPANIDOU

Tribulations numériques au sein du monde des laboratoires en France 

Cette intervention interrogera les bouleversements qu’a connu le monde des industries techniques en France ces vingt dernières années et notamment le milieu des laboratoires dans une approche à la fois historique et économique. L’accent sera mis en particulier sur l’avenir de certains métiers liés au traitement, au tirage mais aussi au transport des copies vers les salles. L’intervention interrogera également les stratégies développées ces dernières années par les laboratoires en France suite à la mort annoncée de la pellicule.

Kira KITSOPANIDOU est maître de conférences à l’Université Paris III - Sorbonne Nouvelle. Elle y enseigne notamment l’économie du cinéma et de l’audiovisuel, l’histoire des techniques et les métiers du cinéma. Ses derniers travaux de recherche portent sur l’histoire des laboratoires photochimiques, l’introduction du numérique dans l’exploitation cinématographique, l’émergence du hors film dans les salles et les stratégies transmédiatiques des studios hollywoodiens. Kira KITSOPANIDOU enseigne également à la Femis (filière distribution/exploitation) et est membre du conseil scientifique du Conservatoire des techniques (Cinémathèque Française).

 

 

 

 

 

 

Christian FEIGELSON

La fabrique filmique : métiers et professions 

Le film, dont la conception initiale s’inscrit le plus souvent dans des traditions stylistiques et narratives, relève d’un processus collectif suscitant un minimum de conventions et de représentations. À la différence d’autres contextes industriels, cette unicité du film, qu’on le tienne pour une œuvre ou un produit, est aussi assise sur des normes et des routines caractérisant une activité avant toute construite sur des modèles professionnels spécifiques. Comment comprendre le processus de professionnalisation dans ces secteurs de l’audiovisuel et du cinéma ? Le rôle des formations et le statut de l’intermittence aujourd’hui ? Nous nous proposons ici de revenir sur ces différentes questions à partir d’une approche sociologique consacrée à ces modèles professionnels à partir de différentes enquêtes menées depuis plusieurs  années sur un mode comparatif.

Kristian FEIGELSON, sociologue habilité à diriger des recherches enseigne le cinéma à l’Université de Paris III (IRCAV). Associé au centre de sociologie politique Raymond Aron (Ehess), il vient de publier « La fabrique filmique : métiers et profession » (Armand Colin, 2011) et « Just images : ethics and cinematic » (Cambridge press, 2011). Il collabore à différentes revues (Communication, Cinémaction, Esprit, Hermès, les Temps Modernes, Positif…) et a enseigné dans différentes Universités à l’étranger. Il prépare actuellement l’édition collective de « Bollywood : industrie des images ».

Les séries télévisées

Les séries télévisées

3e séance du séminaire « CINÉMA & MONDES CONTEMPORAINS »

avec Barbara VILLEZ & Mélanie BOURDAA

LES SÉRIES TÉLÉVISÉES

Jeudi 15 décembre 2011 à 14h30 dans la Salle 2 de la MSHA (Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine)

10 Esplanade des Antilles, Domaine Universitaire, 33600 Pessac (séance ouverte à tous)

 

Barbara VILLEZ

Les Etats-Unis ont produit environ 130 séries judiciaires télévisuelles depuis la fin des années quarante. Offrant au départ une image simple de la salle d’audience et les professions juridiques, elles se sont complexifiés pour faire prendre conscience les téléspectateurs d’aujourd’hui des questions de justice qui préoccupent les juristes du monde entier. Nous allons voir l’évolution de ce qui peut être qualifié d’un genre de série, les quatre périodes de représentation de l’avocat et la réflexion actuelle qu’elles proposent sur le rôle de l’image. La discussion qui suit peut, selon les désirs de l’assistance, inclure les fictions judiciaires à la télévision française de la même époque.

Barbara VILLEZ est professeur de langues et cultures juridiques au Département d’études des pays anglophones (Université Paris 8), directrice du groupe Justices, Images, Langues, Cultures (le JILC), responsable de l’axe Justice et images à l’Institut des hautes études des pays anglophones à Paris, chercheur associé, responsable du réseau S.E.RI.E.S. au laboratoire Communication et politique du CNRS. Elle a publié de nombreux articles sur la représentation du droit et de la justice dans les séries télévisuelles aux Etats-Unis, et un ouvrage sur le sujet en 2005 intitulé Séries télé : visions de la justice (PUF) qu’elle a traduit en anglais et réactualisé en 2009 (Television and the Legal System (Routledge). Elle travaille actuellement sur deux livres portant sur les séries Law and Order prévus pour 2012 et 2013.

 

Mélanie BOURDAA

Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ont bouleversé la société américaine et ont remis en cause leur sécurité nationale. Depuis, de nombreuses séries télévisées, tout genre confondu, ont traité de ces attaques et de leurs conséquences sur l’ensemble de la société américaine. A travers plusieurs exemples, nous verrons que l’Amérique est passée par plusieurs étapes dans sa reconstruction : une Amérique vengeresse (24 heures Chrono), une Amérique insécuritaire et infiltrée (Fringe, V, Battlestar Galactica) et une Amérique paranoïaque.

Mélanie BOURDAA est Maitre de Conférences à l’Université Bordeaux 3 et membre de l’Axe Médias du Laboratoire MICA. Elle a publié des articles sur le phénomène de sérialité dans les séries TV américaines, ainsi que sur le phénomène des fans. Elle travaille également sur les stratégies Transmédia des industries créatives. Elle a co-fondé l’association Univers Transmedia. Elle participe à plusieurs groupes de recherche internationaux et Européens (S.E.R.I.E.S, media).


Filmer le travail

Filmer le travail

Dans le cadre de la seconde séance du séminaire « Cinéma et mondes contemporains » qui se tiendra jeudi 24 novembre à 14h30 dans la salle H011, nous accueillerons René Baratta, réalisateur de films documentaires et ergonome. Il interviendra autour du thème « Filmer le travail ». La séance sera animée par Emmanuel Quillet, Maître de conférences associé.

 

Filmer le travail : de quel travail s’agit-il ?

Dans le rapport complexe qui unit le chercheur et le réalisateur à la caméra s’enracine un vieux débat : l’image sur le travail peut-elle faire sens  en l’absence du commentaire des opérateurs sur cette image ? Autrement dit la totalité de l’activité de travail est-elle directement présente et lisible dans l’immanence même des images qui représentent une situation de travail ?

En effet, seule une certaine dimension de l’activité de travail est directement lisible dans les images saisies par la caméra, et même si ces images donnent généralement un reflet fidèle du comportement des acteurs, et permettent de mettre à jour certaines difficultés de leurs conditions de travail, il y a une autre dimension fondamentale du travail qui, elle, reste invisible au regard de la caméra : c’est l’activité mentale développée par l’opérateur qui agit et les stratégies personnelles qu’il est obligé de développer pour réaliser son travail. Lorsque la caméra nous montre des gestes, des actions, des comportements, ces images ne saisissent que la partie émergée de l’iceberg : le visible de cette action. Pour découvrir son sens réel, il faut cerner la partie invisible et comprendre quels sont les mobiles qui guident l’opérateur dans cette action.

Dans la mesure où il n’y a pas de cadre théorique commun pour discuter des images qui sont produites autour du monde du travail, cinéastes et chercheurs utilisent chacun leur propre corpus théorique pour les analyser. D’un côté les cinéastes se demandent “si ça filme”, c’est dire s’il y a quelque chose de l’ordre de l’écriture cinématographique dans les images qui sont produites, et de l’autre, les chercheurs s’interrogent “si c’est bien de la nature du travail” dont il est question dans les films réalisés par les cinéastes. Comme, de part et d’autre, la réponse est le plus souvent négative, le dialogue est difficile, voir impossible, car chercheurs, et cinéastes ont chacun leur propre vision de la nature du travail et de la manière de la mettre en images.

Les différentes pratiques audiovisuelles, que j’ai expérimentées depuis une vingtaine d’années dans le monde du travail m’ont amené à réaliser successivement des films et ce que j’appelle des Ovnis, (des objets vidéo non identifiés), c’est à dire des documents vidéo réalisés avec des salariés dans le cadre d’interventions ergonomique, dont la forme et les dispositifs filmiques renvoient à des rapports différents entre la parole et les images, et où le statut du réalisateur, des salariés, et des chercheurs n’est pas le même. Elles impliquent aussi des usages de la caméra dont les finalités sont différentes. S’agit-il de filmer le travail pour mieux le comprendre, pour en dénoncer les conditions ou pour essayer de le transformer ? Mon expérience de réalisateur et d’ergonome, n’ont conduit expérimenter différentes pratiques de réalisation qui vont du « film de recherche », à « l’Ovni », en passant par le « Verbatim » et la « Chronique ». C’est de ces différentes pratiques et des interrogations qui les accompagnent dont il sera question dans mon intervention.

(René Baratta)

 

Un itinéraire

Après un début de carrière dans la réalisation de films institutionnels, René Baratta se voit confier dans les années 80 la mise en image du résultat d’une  étude menée par deux ergonomes sur les chantiers d’une entreprise du bâtiment. La difficulté de l’exercice le conduit à s’interroger sur l’approche filmique nécessaire à la compréhension du travail. En collaboration avec l’ANACT, il développe, en 1997, une méthodologie d’intervention qui utilise les potentialités de l’outil vidéo, pour construire avec les salariés un point de vue collectif sur leurs conditions de travail. En 2002, René Baratta obtient un DESS en ergonomie et conception de système de production et met à profit ses recherches sur l’utilisation des images animées dans ses propres interventions. Ergonome, expert CHSCT, réalisateur, René Baratta a réalisé depuis 25 ans de nombreux films traitant des questions du travail et de l’insertion sociale. Il intervient aujourd’hui dans différents Master d’ergonomie, de psychologie et de communication aux universités Paris X, Paris XIII, Lille 3 et Bordeaux 2 sur le thème « Filmer le travail : l’analyse de l’activité et l’utilisation de la vidéo dans l’intervention en entreprise ».

 

Publications

- “Du film à l’Ovni en passant par le travail”, dans la revue Communications, Cahier N° 80, novembre 2006, consacré au thème : Filmer – Chercher. Éditions du Seuil.
- “La Vidéo au service du changement et de l’action”, communication écrite en collaboration avec Emmanuel Desmares, pour le Congrès de la SELF, septembre 2004. Éditions Octares.
- “Vidéo et Intervention”, communication écrite en collaboration avec Michel Berthet, pour le Congrès de la SELF, septembre 2000. Éditions Octares.
- “Parole au travail, travail de la parole”, dans la revue IMAGES Documentaires n° 37/38, 2éme trimestre 2000. Éditions association Images Documentaires.
- “Images, paroles et solitudes : Le film de recherche sur le travail”, dans les actes du colloque Langage et travail, en octobre 1998. Éditions INRP.
- “Filmer le travail : De quel travail s’agit-il ?”, dans la revue Champs Visuels n° 6, septembre 1997. Éditions l’Harmattan.
- “Images et Subjectivité au Travail”, dans la revue Langage et Travail, Cahier N° 8, 1996, consacré au thème : Le chercheur et la caméra. Éditions CNRS.

Communications

- “Du film à l’Ovni en passant par le travail”, novembre 2006, au séminaire Filmer – Chercher organisé par l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), à Paris.
- “La Vidéo au service du changement et de l’action”, septembre 2004, au Congrès de la SELF, à Genève.
- “Vidéo et Intervention”, septembre 2000, au Congrès de la SELF, à Toulouse.
- “Le film de recherche sur le travail”, octobre 1998, au colloque Langage et travail, organisé par l’INRP, à Paris.

Réalisations

- « Intensification du Travail et Action Syndicale » Durée du film : 35 mn. Durée des modules pédagogiques : 90 mn. Pour la CFDT. 2005.
- « Quinquaphonie » Durée : 45 mn. Pour le Comité de Bassin d’Emploi de Lille. 2005.
- « Bernarda, Françoise, Anneliese et les Autres » Durée : 40 minutes. Pour le Centre National d’Information et de Documentation des Femmes, (CNIDFF). 2004.
- « Le Client Roi » Durée : 52 mn. Pour la chaîne France 5. 2003.
- « Le Nucléaire et l’Homme » Durée : 1 h 47 mn. Pour le Conseil Supérieur Consultatif des CMP – EDF-DGF. 2003.
- « Le Travail » – « La Santé » – « L’Action » Durée : 3 fois 35 mn. Pour le Conseil Supérieur Consultatif des CPM – EDF-DGF. 2002.
- « Bien sur toute La Ligne » Durée : 26 mn. Pour le Conseil Général du Territoire de Belfort. 1999.
- « C.H.S.C.T Histoires de comités » Durée : 26 mn. Pour le Ministère de l’emploi et de la Solidarité. 1997.
- « L’installation en Agriculture Outre-mer » Durée : 20 mn. Pour le CNASÉA. 1995.
- « C.E.S. Itinéraires d’insertion » et « C.R.E. Modes d’emploi » Durée : 2 fois 26 mn. Pour la Télévision pour l’Emploi, en collaboration avec le Centre d’Étude pour l’Emploi. 1994.
- « Les Sentinelles de la Route » Durée : 40 mn. Pour la Direction Départementale de l’Équipement du Loir et Cher et l’ANACT. 1994.
- « Insertions » Durée : 28 mn. Pour le Ministère des Affaires Sociales et de l’Emploi. 1989.
- « Aucun Risque ! Paroles De Compagnons » Durée : 60 mn. Pour le Plan construction et Architecture. 1991.
- « Impressions » Durée : 14 mn. Pour la Délégation à l’Insertion des Jeunes, à l’occasion des Assises Nationales des Mission Locales. 1990.

Photographie: FNMS/N.MERGUI

Cinéma et culture ouvrière

Cinéma et culture ouvrière

La première séance du séminaire « Cinéma et mondes contemporains » se tiendra jeudi 20 octobre à 14h30 à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine (MSHA), salle 2. (Les séances sont ouvertes à tous).

Nous accueillerons le cinéaste documentariste Luc DECASTER, qui interviendra sur « Cinéma et culture ouvrière ».

Un itinéraire

« Luc Decaster a grandi à Saint-Nazaire, « capitale des constructions navales ». Pendant son adolescence durant laquelle il prépare un Brevet Industriel de chaudronnier, il est marqué par les grèves dures, les affrontements des ouvriers des chantiers de l’Atlantique avec les CRS.

Devenu dessinateur industriel chez Chausson en Région Parisienne, derrière le mur du bureau d’études il découvre le taylorisme dans les ateliers de presses : les mains calleuses, les visages creusés des OS à la chaîne. Parallèlement il entreprend des études d’histoire et se spécialise dans les recherches sur le mouvement ouvrier »… « Il devient professeur d’histoire. Il reprend des études de cinéma à l’université. En 1991 il quitte l’enseignement et réalise ses premiers films autour d’Argenteuil, où il réside : des films qui évoquent, sans compassion, des bribes de vies de gens qui lui sont proches. Les oubliés de l’histoire. » 

Christophe Kantcheff  - Extrait de l’hebdomadaire Politis, le 5 mars 2003  après la sortie Nationale de Rêve d’usine.